Premiers petits pas au Cambodge

Une dernière escale sur une île vietnamienne, et puis nous nous dirigeons vers la frontière cambodgienne. Depuis Ha Tien (Vietnam), la petite ville balnéaire de Kep (Cambodge) n’est pas très loin. Premier constat, le Cambodge semble être un pays bien plus cher que les pays voisins, ce qui se confirmera par la suite. Pour le même budget, les hôtels sont d’une qualité bien moindre.

 

 

Nous passerons donc nos deux premières nuits, un peu isolés du “centre ville”, et surtout du marché aux crabes (l’activité phare de la ville). En empruntant des vélos, nous partons donc à sa découverte. Les crabes de Kep sont réputés pour être dégusté avec le fameux poivre de Kampot. Le marché aux crabes, en grande partie couvert, abrite de nombreux petits stands, beaucoup avec barbecue pour y faire cuire de nombreux poissons, crevettes et calamars de toutes tailles. Ce marché est plus propre que ceux que nous avons eu l’habitude de voir en Indonésie ou au Vietnam. Probablement dû au tourisme. L’ensemble est appétissant. On y trouve également des gros sacs de poivre de Kampot, où l’on peut acheter en vrac, du poivre rouge, blanc ou noir. Le poivre vert que l’on trouve abondamment dans nos assiettes se déguste frais, en petites grappes. Au bord de l’eau, la seule partie non couverte du marché, on trouve les pêcheurs et leurs kilos de crabes. C’est ici que se font les négociations. La police est présente ce matin-là pour contrôler le bon état des balances. Un homme se fait confisquer la sienne, probablement truquée pour arrondir le poids et donc le prix du crabe.

 

 

Des restaurants attenants au marché sont alignés au bord de l’eau. Nous nous asseyons en terrasse pour déguster les spécialités de la région. Un vrai festin. Qui nous réconcilie avec la nourriture asiatique car ici rien, ou presque, n’a de note typique du continent. Les brochettes d’encornets sont excellentes, fondantes et bien grillées. Le mélange jus de citron, sel et poivre relève le goût. La cuisson est parfaite ! Le crabe au poivre vert est une assiette imposante, avec une sacrée quantité de grappes qui parfument abondamment la sauce. Je ne suis pas très amatrice de crabe, mais Alexis confirme qu’il est excellent. Viendra ensuite mon petit poisson grillé à souhait.

 

 

Le temps, maussade, se gâte de plus en plus. La mer devient aussi grise que le ciel et les gouttes commencent à tomber. La mousson n’est pas encore terminée, et c’est une bonne averse qui arrive. A table, nous prenons le temps de laisser passer l’orage. Et nous repartons en vélo à l’hôtel, longeant le bord de mer. La densité de population au Cambodge est absolument infime en comparaison au Vietnam que nous venons de quitter. Pas de trafic, ou presque, sur la grande route principale. C’est plutôt reposant.

 

 

Deux jours plus tard, nous nous arrêtons 30 km plus loin sur la côte, à Kampot. Nous passons deux nuits dans la ville, avant de rejoindre les parents d’Alexis qui nous retrouvent dans la campagne environnante. Ville touristique oblige, nous décidons pour cette fois, de réserver un hôtel en avance sur Booking. Les prix des chambres nous horrifient, c’est nettement plus cher que tous les pays parcourus jusqu’ici (sauf le sud du Vietnam). Fidèles à notre budget, nous optons pour une chambre un peu à l’écart du centre ville, nettement moins chère que le tarif en vigueur.

Il y a comme un air d’abandon dans la cour de la guesthouse : le bar ne présente que des bouteilles d’alcool vides et poussiéreuses. Le propriétaire nous emmène à la chambre. Elle est grande, et pourvue d’une forte odeur de moisi. Tout est sale. L’unique serviette pour deux posée sur le matelas est tellement couverte de traces jaunes, grises et marron qu’on a plutôt affaire à une vieille serpillère. L’interrupteur de la salle de bain abrite probablement une joyeuse famille de champignons.

 

 

Et la salle de bain… pas de lavabo, les poils de barbe sur l’étagère, les cheveux des précédents clients dans le siphon, de nombreux tuyaux et des murs tellement sales que le tout me donne la nausée.

 

 

Il faudra passer deux nuits dans ce taudis où le ménage n’a probablement pas été fait depuis un moment. Les bagages aussitôt déposés, nous sortons en courant de la chambre, direction le centre-ville.

Très touristique, et plutôt sans âme, cela ressemble à un petit paradis pour consommateurs occidentaux. On y mange de tout, et on boit des bières pour pas cher. On fume des joints en terrasse avec un air de baba cool venu s’échouer ici pour quelques mois ou pour la retraite. Comme un air de Kathmandou. Les vieux messieurs occidentaux venus chasser la jeune et jolie cambodgienne en prime.

On alterne ici entre les riels (monnaie locale) et les dollars. Presque tout le monde préfère les dollars, et nous ne savons pas trop quoi faire de notre monnaie locale. Mission du jour : aller chez le coiffeur pour refaire ma coloration. Et lorsque j’en sors, c’est avec la couleur de cheveux des femmes locales, noire. Franchement brune et non châtain comme souhaité, je ne suis pas très emballée par le résultat, je m’y ferai !

La découverte de la ville n’a rien de très alléchant, et nous resterons donc en terrasse à l’abri du soleil. Le lendemain matin, absolument blasée par cette chambre insalubre où en plus le chien aboie toute la nuit, nous sortons avec la nausée. Nausée qui s’accentue lorsque devant notre porte, un chien et sa tourista, nous laisse un joli cadeau. Horrifiés, nous finissons par en rire tant l’accumulation semble invraisemblable. Lorsque nous rentrons le soir, la crotte de chien n’avait pas bougée. Le lendemain matin en quittant la chambre, non plus. Le propriétaire n’a pas du monter une seule fois à l’étage, préférant plutôt sa terrasse et ses copains pour discuter toute la sainte journée.

Nous changeons joyeusement de lieu, direction la campagne, avec un hôtel au bord de la rivière, dans un confort bien plus appréciable, pour accueillir les parents d’Alexis le soir même.

 

 

Les retrouvailles sont très agréables et nous discutons sans interruption toute la soirée. Le lendemain matin, les parents décident d’aller visiter Kampot. De notre côté, nous profitons de ce joli cadre pour aller faire du canoë. Juste à côté de notre hôtel s’en trouve un autre qui loue le matériel. Nous voici donc sur l’eau pour deux heures, à ramer énergiquement. Puis se reposer sur l’eau, à écouter le chant des oiseaux. Des enfants dans l’eau, très curieux comme toujours, viennent s’accrocher sur le canoë et nous les quittons tout sourire. Les palmiers longent le bord de la ravière à perte de vue. Suivant le sens du courant pour le retour, nous voguerons lentement.

 

 

Le lendemain, nous quittons Kampot, et retournons à Kep dans le but d’y faire une randonnée dans le parc national de la région. Nous n’avons pas réservé de logement en avance mais nous trouvons un superbe hôtel avec piscine. Malheureusement, c’est aussi au bout de ce troisième jour que le père d’Alexis apprend une très mauvaise nouvelle dans sa famille. Qui les oblige à partir en urgence le lendemain matin. Double peine, nous devons donc nous quitter précipitamment, la peine et la frustration dans les yeux.

Manquant d’énergie après cette nouvelle et ce départ imprévu, nous restons à l’hôtel, au bord de la piscine. Lorsque le soir, nous demandons d’emprunter les deux seuls vélos de l’hôtel pour rejoindre le marché aux crabes, les propriétaires rigolent. Les vélos ne sont en effet pas du tout en bon état, pour ne pas dire presque inutilisables. Nous tentons quand même l’expérience et Alexis se fait mal au genou en tombant de son vélo voilé. Il remonte en selle. Le chemin est fatiguant avec ses vélos qui semblent peser une tonne. Mais nous atteignons néanmoins le marché pour le coucher du soleil. Voyant le temps se dégrader, nous décidons finalement de ne pas manger sur place et de revenir à l’hôtel avant que ne tombe l’averse.

 

 

Nous chamboulons un peu notre programme, et si nous avions prévu d’aller sur les îles avec les parents d’Alexis, désormais à deux, nous passons cette étape. Direction Phnom Penh puis Siem Reap pour aller découvrir les incontournables temples d’Angkor.

 

Laura B.

One thought on “Premiers petits pas au Cambodge

  1. La brutale interruption de votre rencontre avec Annick et François, met en évidence l’indispensable présence de cette “bonne étoile” qui éclaire votre chemin depuis 9 mois, sans contrainte majeure qui puisse y mettre fin.
    Vous êtes désormais au bon endroit pour méditer et relativiser les frustrations, inconforts et douleurs surmontés au fil des jours.
    Le rythme nonchalant de votre progression dans cette (désormais) paisible région du monde, devrait favoriser la prise de conscience de la “baraka”, certainement méritée, qui vous accompagne.
    Bon vagabondage …

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